Pif Gadget, séquence nostalgie…

Publié le par Romain

Cette revue est à l’origine de mon intérêt pour la bd, trop souvent considéré à tort comme un art mineur …

C’est dans les années 70 à 80, grâce à un cousin qui nous refilait ses magasines après les avoir lu, que j’ai découvert ce monde de l’illustration, que je dévorai sans relâche, jusqu’à épuisement du stock.

Rahan, Teddy Ted, Robin des bois, les pionniers de l’espérance et le Docteur Justice furent, à cette époque ou nous n’avions pas la TV à la maison, les premiers héros sur lequel nous nous projetions dans nos jeux.

Le grand avantage de cette revue, par rapport à certaines autres de la même époque, était que chaque magasine avait des récits complets, chose importante car il n’y avait pas d’obligation d’acheter le journal chaque semaine, pour connaître la fin des aventures de nos héros.

De nombreux artistes célèbres ou non sont passés dans cette revue et ont contribués à son succès.

 Une liste non exhaustive des récits qui ont marqués de leur empreinte ce magasine. 

  • Docteur Justice de Marcello.

  • Corto Maltesse d'Hugo Pratt.

  • Le grelé 9-13 de Lucien nortier.

  • Robin des bois de Nortier et Ollivier.

  • Jérémie dans les îles de Paul Gillon.

  • Bob Mallard d'Yves Roy.

  • Teddy Ted de Jacques Kamb et Francisco hidalgo.

  • Les Pionniers de l'Espérance de Lécureux et Raymond Poïvet.

  • Rahan de Cheret et Lécureux.

  • Fanfan la tulipe de Nortier Gati Sanitas.

  • Le concombre masqué de Mandryka.

  • Les As, Pivoine de Greg.

  • Arthur le fantôme de cézard.

  • Dicentim (le petit franc) et Couik (l'oiseau préhisto) de Jacques Kamb.

  • Gai-Luron de Gotlib.

  • Pif le chien de José Cabrero Arnal.

  • Placid et Muzo de Jacques Nicolaou.

  • Léo Bête à part de Mas.

  • Nestor par Henri Crespi.

  • Les énigmes de Ludo de Crespi et Moallic.

  • La jungle en folie de Christian Godard et Mic Delinx.

  • Totoche de Jean Tabary.

  • Les rigolus et les tristus de Cézard.

  • Corinne et Jeannot de Tabary.

  • Les dessins humoristiques tout en couleur en quatrième de couverture de Mordillo.

  •  Horace le cheval de l'Ouest de Poirier
     
  •  Pifou  de Mas

  • Sylvio le grillon de Philippe Luguy

     
  •  et bien d'autre que j'ai oublié...


    Un site unique d'exception qui retrace de façon globale toute la genèse de ce magazine.

               http://193.251.82.94/pif-collection/

          Un livre à lire:

Le livre de Richard Médioni, ancien rédacteur en chef de Pif Gadget.
Pif Gadget, la véritable histoire, des origines à 1973, Richard Médioni, Vaillant Collector, 200 pages, 25 euros.
Son livre évoque l'aventure de ce périodique vécu de l'intérieur.

Un article paru dans l'humanité du 09 septembre 2003 retrace l'histoire de ce périodique:

Richard Médioni, ancien rédacteur en chef de Pif Gadget, sera à la Fête de l’Humanité. Son livre retraçant cette aventure sortira le 20 septembre en librairie. Un peu d’histoire.

Chacun sait que l’année 1968 fut une année d’effervescence. En effet, ce fut un moment d’intense réflexion qui donna lieu à la naissance du magazine de bande dessinée le plus diffusé de l’histoire de France : Pif Gadget. Une telle réussite ne fut possible que grâce à la qualité de ce journal qui compta parmi ses collaborateurs des artistes talentueux. Et sans aucun doute, grâce à l’effet " gadget! "

Les lecteurs de l’Humanité sont habitués à ce que cet élégant spécimen de la gent canine promène son sens de la répartie et des responsabilités dans les colonnes de ce journal. Lorsqu’il prend un jour de repos, déjà, il leur manque. Et pour cause, Pif naît en 1948 dans l’Humanité, sous la plume de José Cabrero Arnal. Le papa de Pif, engagé en 1936 dans l’armée républicaine espagnole, réfugié en France en 1939, a été déporté à Mauthausen. Pif n’a pas l’air de porter tout cela sur lui, c’est pourtant dans cette histoire douloureuse, suivie des espoirs de la reconstruction, qu’il voit le jour. En 1952, Pif fait son entrée dans Vaillant, créé en 1945 pour succéder à Jeune Patriote, journal clandestin du Front national de la Résistance. Puis, rapidement Vaillant devient Vaillant, le journal de Pif, faisant ainsi honneur au charisme de notre héros. Mais à compter de 1965, la situation devenant difficile, il faut permettre au journal de changer d’époque. En 1968, les conditions semblent enfin réunies pour effectuer ce passage. C’est cette année-là que choisit Richard Médioni pour frapper à la porte des Éditions Vaillant et intégrer la rédaction.

Artisan de la création de Pif Gadget, dont le premier numéro sortit en 1969, il en devient le rédacteur en chef de 1971 et 1973. Durant ces deux années, les ventes de l’hebdomadaire atteignent des chiffres mirobolants : 550 000 exemplaires vendus en moyenne par numéro. Revenant sur cette période de sa vie, Richard Médioni s’enthousiasme de nouveau. " Longtemps, Vaillant et Pif ont souffert d’une réputation de journal communiste, explique-t-il en soulignant le climat pesant de la guerre froide. Bien évidemment, il n’y a jamais eu chez quiconque aux Éditions Vaillant l’idée de manipuler les petites cervelles toutes fraîches, on veut simplement transmettre des idées généreuses, comme le respect de l’autre, l’antiracisme, le goût de la liberté et de la paix, le rejet des superstitions, la confiance dans le progrès et autres valeurs humanistes. " Ainsi, les Pionniers de l’espérance, Pif, Corinne et Jeannot, Placid et Muzo, Gai-Luron, Arthur le Fantôme et bien d’autres, qui ont entamé leur carrière dans les colonnes de Vaillant, la poursuivent dans Pif Gadget. À ceci près que le magazine s’écrit " tout en récits complets ". Cette innovation dans la presse hebdomadaire pour enfants fait la différence. C’est le succès des poches produits par les Éditions Vaillant depuis 1965 et celui des mensuels et bimestriels basés sur ce principe qui a mis la puce à l’oreille des stratèges de la maison. " Je me souviens très bien de la réticence des auteurs, commente Richard Médioni. Les scénaristes ont l’habitude de traiter une bonne idée et de l’exploiter à fond. Là, il va falloir trouver une idée-force par histoire avec un début et une fin. " Pour honorer l’obligation imposée par La Poste pour bénéficier des tarifs réservés à la presse de contenir 10 % de texte au minimum, la rédaction décide de remplacer les pages un peu rébarbatives sur les hippopotames ou tout autre sujet tombé du ciel par des jeux. Enfin, vient le gadget. Dans la phase de gestation de Pif Gadget, personne n’avait imaginé l’impact de cette idée, et la rédaction s’attachait surtout à produire un contenu de grande qualité. " Nous n’adjoignons pas un gadget, précise Richard Médioni, nous le considérons comme une rubrique du journal, au même titre que les pages documentaires que nous trouvons dans tous les autres journaux de bande dessinée. " Les autres journaux ? Mickey, Tintin, Spirou, Pilote : la concurrence n’est pas des moindres. L’ancien rédacteur en chef se dit d’ailleurs convaincu que sans la qualité de son contenu, le journal n’aurait pas rencontré ce succès. Une équipe spécialisée se met à la recherche de gadgets plus surprenants les uns que les autres. Deux d’entre eux ont marqué particulièrement Richard Médioni : la poudre de vie ou Pifises - des oufs de crustacés auxquels on donne vie - et les pois sauteurs du Mexique. Pif Gadget a donc pris son envol. Il a marqué considérablement le paysage de la création de bandes dessinées, révélant Hugo Pratt et son héros, Corto Maltese, accueillant Gotlib, Jean-Claude Forest, Paul Gillon, Mandryka et son Concombre Masqué, Tabary, donnant vie à Horace le cheval de l’ouest, à Rahan, le fils des âges farouches, à La jungle en folie et à tant d’autres héros connus ou méconnus. On peut lire l’aventure de Pif Gadget, racontée avec sensibilité par Richard Médioni (1) dans l’ouvrage qu’il vient de publier. Il y raconte passionnément les coulisses de Pif, les hommes et les femmes qui faisaient ce journal. La preuve que tout ce qui s’appelle " gadget " n’est pas forcément superflu.

Pierre Dharréville

http://www.humanite.fr/2003-09-09_Medias_-L-histoire-de-Pif-Gadget

Publié dans BD

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